Réponses à vos questions


Tout d’abord, une moniale est une femme comme tout le monde vivant avec son temps et son époque. A ce titre, on peut pratiquement dire qu’il peut y avoir une part de « moniale » (ou de moine si vous êtes un homme) en chaque personne. C’est quelqu’un qui a vécu à un moment de sa vie une forte expérience de Dieu ou du moins qui ressent un attrait pour ce genre de vie. Il a ainsi décidé de vouer toute sa vie à cette quête de vie bienheureuse. Car embrasser l’idéal de la vie monastique c’est chercher avant tout le bonheur et la vie en plénitude. Pourtant, il est vrai qu’il peut y avoir un caractère austère car notre vie offre peu de distraction au sens pascalien. Saint Benoît dans sa « petite règle pour débutant » dit que les débuts sont toujours difficiles mais qu’au fur et à mesure que l’on progresse le coeur se dilate (prologue). C’est un beau programme n’est-ce pas?

Une bonne façon de comprendre ce qu’est notre vie, c’est de venir passer quelques jours à l’hôtellerie. Pratiquement tous les monastères en ont une. Vous pourrez ainsi discuter de vive voix avec le frère ou la soeur qui s’en occupe et surtout expérimenter cette vie simple et riche.

Il faut bien se mettre d’accord sur le mot « appel » (vocation vient en effet du latin vocare appeler) car il ne s’agit pas de voix que nous ayons entendues pour nous inviter à nous rendre dans telle communauté. C’est plutôt un attrait, un désir qui revient sans cesse. Mais il est vrai que l’on peut aussi s’illusionner. C’est pourquoi il est important de se faire accompagner par quelqu’un qui a déjà parcouru un bout de chemin avec le Seigneur afin de discerner d’où vient ce désir. Et puis à un moment, il faut poser des actes: faire une expérience de vie monastique, à l’hôtellerie d’abord et pourquoi pas, un stage en clôture, c’est-à-dire dans l’enceinte du monastère. Pas de panique! il s’agit simplement de voir ce qui se passe en soi. Vous serez là aussi accompagné par une personne apte à entendre ce que vous ressentez, en toute liberté.
La qualité primordiale est la simplicité et peut être paradoxalement pour quelqu’un qui se pose la question d’une vie cloîtrée: le goût de l’aventure. Car aller au-dedans de soi, c’est une sacrée aventure… ou une aventure sacrée, comme on voudra. C’est prendre le risque de voir qu’il y a en soit tout un bestiaire, tout un monde pas totalement christianisé, pas totalement civilisé même. Il ne faut pas en avoir peur, mais ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu (RB 4) car nous ne pourrons pas descendre aussi bas que le Christ. Mais petit à petit, c’est aussi trouver l’apaisement et la joie spirituelle que la vie monastique peut donner
Si on décide de faire une retraite, il faut bien avoir à l’idée que tout d’abord, il y a quelqu’un qui nous attend, quelqu’un qui nous espère: le Seigneur. Parfois on peut se demander si ce n’est pas égoïste de prendre du temps pour soi alors qu’il y a les enfants, le mari, l’épouse qui comptent sur nous. Parfois, il est nécessaire de prendre quelques jours de recul pour y voir plus clair, pour relire son histoire récente ou plus ancienne, pour prendre une décision importante ou simplement pour poser devant le Seigneur le trop plein de fatigue et se laisser aimer, se laisser écouter. Les monastères sont des lieux discrets, ce que vous confierez à l’hôtelier, restera dans le secret de sa prière. C’est un compagnonnage qui s’établit. C’est d’autant plus facile pour nous à Collombey que notre hôtellerie est petite, donc chaque personne peut espérer un accompagnement personnalisé. Mais on peut aussi faire retraite seul, suivant son aspiration.
En fait la formation ne s’arrête jamais! Mais il est vrai qu’il y a une formation initiale spécifique. Lorsqu’on a pris la décision d’entrer au monastère, on commence une période appelée le postulat. Au monastère de Collombey elle dure de six mois à un an, pas au-delà. Pendant se laps de temps, la postulante suit le rythme de la vie communautaire. Elle a quelque cours au noviciat afin de mettre bien en place les bases du catéchisme et commencer à lire la Règle de saint Benoît. Aucune tâche ne lui est vraiment assignée, mais la maîtresse des novice lui donne son travail au jour le jour. Une fois qu’elle se sent prête, la postulante demande à commencer le noviciat, par écrit à la Prieure. Elle est entendue par le chapitre conventuel et la communauté vote.

L’entrée au noviciat est marquée par la prise d’habit. Cette dernière se fait dans l’intimité de la communauté. Le noviciat dure entre deux ans et deux ans et demi. C’est un temps d’approfondissement de la spiritualité propre à l’Ordre, de formation à la vie monastique et de ses valeurs. Un apprentissage aussi de la vie en communauté. Petit à petit, la novice se voit confier des tâches, toujours sous l’autorité bienveillante de la maîtresse des novices. Passé ce laps de temps, et après discussion avec la Prieure, la novice fait une demande par écrit pour demander à faire profession, c’est-à-dire à s’engager pour un temps (un an ou trois ans) dans la communauté, sous la Règle de saint Benoît. Là aussi, il y a vote du chapitre conventuel et la célébration se fait au chapitre dans l’intimité de la communauté.

Après la profession simple, la jeune professe se voit confier certaines tâches en communauté. En accord avec la maîtresse des novices et la Prieure, et selon ses capacités, elle suit une formation intellectuelle et spirituelle plus poussée. Ce temps dure au minimum trois ans. Il peut être prolongé, mais un temps viendra où se posera la question de l’engagement définitif dans la communauté avec la profession solennelle. Là aussi, il y a une demande écrite et un vote du chapitre conventuelle. L’engagement se fait à l’Église au cours d’un messe festive.

Mais la formation ne s’arrête pas pour autant!